Comment évaluer la motivation d’un joueur?

vilwix/ mai 4, 2017/ Articles/ 0 comments

Lorsque vous analysez un match, jauger la motivation d’un joueur est primordial afin d’éviter le traquenard et se protéger d’éventuelles nonchalances. Au tennis, la motivation est clef pour remporter un match et elle doit être la première ou deuxième case à cocher au moment de l’analyse. Mais comment détecter la motivation de chacun?

Les points à défendre

Il s’agit de la première chose à prendre en compte. Lorsqu’un joueur se présente à un tournoi où il a bien figuré la saison précédente, il se retrouve dans l’obligation de confirmer sa prestation et d’arriver au moins aussi loin, sous peine de perdre des points au classement ATP. Vous pourrez connaître les modalités de l’attribution des points en lisant cet article.

La saison est longue en tennis et les joueurs choisissent leur matchs et organisent leur calendrier en hiérarchisant les tournois.Déceler ceux où il y a le plus de points en jeu vous permettra de deviner en grande partie la motivation et donc l’implication des joueurs.

La proximité avec un grand tournoi

On le sait, beaucoup de joueurs utilisent certains tournois comme une préparation pour une échéance majeure. Les tournois ATP 250 qui précèdent des Masters 1000 ou des Grands Chelem doivent vous conduire à être prudent,notamment pour les joueurs qui ont un grand rôle à jouer dans ces mêmes tournois, plus huppés. Leur motivation  ne sera donc pas au maximum pour les matchs de rodage et de préparation, d’où une implication mineure.

Lors du tournoi de Marrakech 2017, Grigor Dimitrov, pourtant tête de série numéro 1, s’est incliné au premier tour contre un Tommy Robredo en fin de carrière. En se renseignant un peu avant la rencontre on pouvait éviter la boule puante. Le Bulgare avait en effet été l’invité de dernière minute du tournoi en ayant reçu un chèque conséquent de la part du roi du Maroc pour jouer ce tournoi afin de le rendre plus attractif. Quelques jours plus tard (le samedi), Dimitrov devait néanmoins jouer un match d’exhibition à Monte-Carlo, avant de jouer ce Master 1000.

Consulter les réseaux sociaux des joueurs

Nous parieurs, avons de la chance aujourd’hui. Nous profitons des nouvelles technologies pour connaître directement l’état d’esprit ou physique des joueurs, sans passer par les médias traditionnels. Cet accès direct aux joueurs nous permet de juger ou non de la forme des joueurs sur lesquels vous souhaitez investir.

Facebook, Twitter ou encore les sites personnels des joueurs constitueront autant de précieuses sources d’informations au moment de placer un pari. En 2016, avant son match contre Lucic-Baroni, Timea Babos avait écrit que le tournoi de Strasbourg n’était qu’une mise en jambe pour Roland-Garros et qu’elle s’en servait comme entraînement. Pourtant largement favorite, la Hongroise s’était alors inclinée. M’être rendu sur son site m’a permis d’éviter de jouer ce match.

Passer par ces nouveaux canaux vous permettra d’avoir de plus amples informations, notamment sur la motivation des joueurs.

Les événements personnels

Avant d’être joueur, un tennisman est un homme et comme tout homme, sa vie est jalonnée d’événements personnels, bon comme mauvais, qui peuvent altérer ses états d’âme. Naissance d’un enfant, rupture conjugale, mort d’un proche. Là aussi, se renseigner auparavant en utilisant notamment les réseaux sociaux des joueurs ou encore Google, vous permettra de connaître l’état d’esprit de tel ou tel joueur. Depuis qu’il est papa, Djokovic a relativisé le tennis et sa motivation ainsi que son rendement en ont pâti. Idem pour Jo-Wilfried Tsonga qui en venant d’être papa a semblé s’être beaucoup moins impliqué dans le tennis (il perdra contre Mannarino au premier tour de Monte-Carlo et déclarera par la suite que son statut de nouveau papa lui a permis d’oublier plus vite la défaite). Idem pour Fabio Fognini qui a clairement annoncé que sa seule et unique priorité était la naissance de son fils. Enfin, dernier exemple avec Grigor Dimitrov qui a eu un passage à vide en 2015 à la suite de sa rupture sentimentale avec Maria Sharapova (puis la rupture avec son coach Roger Rasheed).

Caractéristiques du tournoi

Information ô combien importante, mais également purement logique: la nature du tournoi, et les conditions dans lesquelles il se réalise.

Niveau du tournoi

Un joueur sera davantage motivé pour un Grand Chelem, un Master 1000 ou encore un ATP 500 que pour un ATP 250 ou un challenger. D’abord parce que peu de points y sont à gagner, et ensuite parce qu’il faudra défendre ces points la saison  suivante.

Surface du tournoi

La surface du tournoi et donc du match n’est pas non plus à prendre à la légère. Beaucoup de joueurs de gazon allergiques à la terre battue, utilisent les petits tournois de terre battue pour se roder s’entraîner pour de prochaines échéances sur cette même surface ou bien, tout simplement récupérer le chèque.

Lieu du tournoi

On le sait, certains joueurs apathiques et soporifiques toute la saison, ont l’habitude de se sublimer lorsqu’ils jouent chez eux ou pour représenter leur nation. On pense notamment à des joueurs comme Donald Young, particulièrement impliqué lorsqu’il joue sur ses terres, ou Jack Sock, patriote invétéré. Disputer un tournoi à domicile est souvent gage d’implication pour un joueur. Un tennisman  au classement ATP plus faible que son adversaire, mais qui joue à domicile compense bien souvent ce différentiel par ce surplus de motivation que lui procure le fait de jouer chez lui.

La Coupe Davis, négligée par certains, en transcende d’autres.

C’est le cas Nick Kyrgios, habitué à balancer les matchs mais pourtant concerné par la Coupe Davis, grâce à laquelle il a pu retrouver un semblant de motivation.

« À chaque fois que je m’entraîne, j’essaie d’être positif et de m’amuser. Même si j’étais 13e joueur mondial l’année dernière, ça n’allait pas mentalement. Je n’étais pas dans une bonne situation. Je ne voulais pas m’entraîner, je ne voulais rien faire. J’ai eu u entraîneur physique pendant un temps, mon équipe était vraiment motivée mais moi, non. J’ai vraiment manqué de motivation en 2016. Après l’Open d’Australie, j’ai pris une semaine pour couper puis Lleyton Hewitt m’a appelé pour que je joue la rencontre de Coupe Davis. À partir de là, tout est revenu » avait ainsi reconnu le fantasque australien.

 

L’adversaire

Certains joueurs, dont Benoît Paire, Fabio Fognini ou encore Nick Kyrgios sont connus des parieurs pour leur faible implication au moment d’affronter un joueur modeste ou moins bien classé qu’eux, d’où les fréquentes surprises auxquelles donnent lieu leurs rencontres. On se souvient tous de ce match dantesque de Kyrgios face à Mischa Zverev lors du tournoi de Shangaï, où il ne manifeste aucune envie de jouer et va jusqu’à aller s’asseoir alors que le point n’est pas terminé. Vous pourrez retrouver ce  moment hubuesque en consultant la fiche du Kid de Canberra, ici.

Mais lorsqu’ils rencontrent des joueurs du top 10, ils se métamorphosent et se hissent à un niveau au-dessus. Preuve en est avec Kyrgios qui élimine Djokovic deux fois d’affilée en quelques jours d’intervalle (ATP Acapulco puis Indian Wells), ou encore Fognini qui passe à un cheveu de l’élimination contre Kravchuk avant d’éliminer Tsonga lors du même Indian Wells.

De même qu’au foot une équipe de CFA se sublimera et haussera son niveau de jeu dans tous les compartiments lorsqu’elle affrontera une écurie de Ligue 1 en Coupe de France, au tennis, affronter un top 10 comme Murray, Djokovic, Nadal gonfle à bloc ceux qui partent comme underdog

On se souvient notamment de l’exploit de Mischa Zverev à l’OPen d’Australie, se battant sur chaque balle et finissant par éliminer l’Ecossais.

Enfin, certains joueurs sont bien connus pour leur manque légendaire de motivation, et ces derniers doivent vous inciter à vous éloigner de cette rencontre. On pense encore une fois à ce trio « magique », Fognini, Paire, Kyrgios qui ont fait rager plus d’un parieur…